Chez Kikou

Cuisine, gourmandise et exploration culinaire sans frontières...

20 mai 2008

Pain de kermesse aux poires

Qui n'a jamais participé à la kermesse de son école? Quelle mère n'a jamais préparé à cette occasion un délicieux gâteau? C'est souvent l'occasion pour les enfants de faire valoir les talents de leur maman et pour les mères d'échanger leurs recettes...

C'est ce qui nous reste de la kermesse paroissiale traditionnelle. En effet, le terme même vient de "kirk" et "misse" qui signifient respectivement église et messe en flamand.
Il s'agissait donc à l'origine d'une fête organisée par l'église du village dans les pays du nord et du nord-Est de l'Europe. On les désigne toujours ainsi en Belgique, au Luxembourg et dans le Nord de la France notamment.

Rien d'étonnant alors à ce que ce gâteau nous viennent de cette région. Rien d'étonnant non plus à ce qu'il soit délicatement parfumé de cannelle et de vanille. Les pâtisseries belges et hollandaises sont en effet souvent préparées avec des épices comme en attestent les fameux speculoos. Ces habitudes ont bien évidemment agréablement influencé nos terroirs du nord...

Cette tradition témoigne bien du monopole hollandais dès le 16ème siècle sur les épices venues d'Asie grâce à la mise en en place d'une stratégie politique et économique adaptée. Ils s'imposent habilement auprès des locaux grâce à une image de commerçants tranquilles et supplantent ainsi leurs prédécesseurs européens alors en perte de vitesse. Nation de navigateurs et de négociants avec un pays naturellement tourné vers la mer, la Hollande a été l'un des premiers pays à avoir exploité à aussi grande échelle les précieuses richesses épicées de notre terre.

En créant en 1602, la Compagnie Hollandaise des Indes, ils tiennent l'Océan Indien et une partie de l'Océan Pacifique en montant des comptoirs dans les  villes côtières.
Installés en Indonésie, ils s'emparent peu à peu de toutes les îles avoisinantes pour leurs épices (cannelle, girofle, muscade surtout car plus chères et plus convoitées que les autres). Ils prennent également le Cap en Afrique du Sud pour s'assurer une emprise totale de la route maritime vers l'Europe. Ils comprennent vite l'importance de la production dans le commerce et multiplient les plantations dans toute la région. En monopolisant le marché des épices les plus rares, ils créent une véritable spéculation et s'enrichissent considérablement.

D'autre part, ils s'aliènent les politiques chinois et japonais peu regardants tant qu'on ne touche pas à leurs propres commerces. Ils pactisent également avec les arabes en leur laissant la main sur certaines épices comme la cardamome. Ils réussissent ainsi à déloger les Espagnols et les Portugais et font fuir temporairement les Anglais.

Ils arrivent (à quel prix) à maintenir leur monopole pendant près de 2 siècles!! Ils déclinent peu à peu à la fin du 18ème siècle lorsque Monsieur Poivre, un botaniste français, réussit à subtiliser des plants de muscade et de girofle et à les transférer jusqu'à l'Ile Maurice (alors Ile de France) pour en recueillir quelques années après les précieux trésors. Cette entourloupe française, la tenacité anglaise et la loi économique aidant, les hollandais durent se faire à la concurrence et à la baisse du marché...

Il n'empêche que toute cette histoire nous a permis de pouvoir aujourd'hui profiter de parfums et de saveurs délicats!

Voilà donc une recette qui nous vient du nord et qui fleure bon les îles lointaines...

Pain de kermesse aux poires

Pain_de_Kermesse_aux_Poires_2

Ingrédients

  • 200 gr de farine
  • 1 sachet de levure
  • 125 gr de sucre
  • 3 oeufs
  • 100 gr de beurre
  • 1 c.à café de vanille en poudre
  • 1 c.à café de cannelle en poudre
  • 1/2 c. à café de muscade en poudre
  • 3 poires épluchées et coupés en quartiers.

Préparation

Commencez par préchauffer le four à 200°
Dans un saladier, battez les oeufs et le sucre jusqu'à ce que la préparation devienne blanche et mousseuse.
Travaillez le beurre à la fourchette pour le ramollir. Ajoutez le aux oeufs et battez bien.
Mélangez la farine, la levure et les épices.
Ajoutez le mélange de farine à la préparation oeufs-sucre-beurre. Mélangez bien.
Beurrez et farinez un moule.
Versez la moitié de la pâte dans le moule, disposez les quartiers de poires en étoile et recouvrez du reste de pâte.
Faites cuire 45 minutes à 190°.
Lorsque le gâteau est cuit, sortez le et laissez le refroidir complètement avant de le démouler.

Pain_de_kermesse_entier

Saupoudrez éventuellement de sucre glace pour le décor.

Pain_de_Kermesse_aux_Poires_1

A déguster avec un thé, du café au goûter ou en dessert...

Pain_de_kermesse_aux_poires

Une excellente façon de faire gouter les épices aux enfants...

Pain_de_kermesse_part


Informations et suggestions

Ce gâteau est un franc succès dans ma famille depuis des années. Initié par mon père qui en a tiré la recette de son fameux livre de recettes du terroir dont je vous ai déjà parlé (ici), ma mère a désormais pris le relais avec moi... ;)
Dans la recette originale, il n'y a pas de muscade mais pourquoi y résisté? Elle se marie parfaitement avec les autres épices. Cela dit, n'en abusez pas, elle est plus piquante que les autres!
Pour donner un petit aspect croquant et délicat: avant d'enfourner, mélangez dans un petit bol une bonne cuillère à soupe de sucre de canne avec une pincée de cannelle et une pincée de muscade et saupoudrez-en le dessus du gâteau.



19 mai 2008

Fouace aveyronnaise façon pain perdu aux parfums des îles

Un petit retour gourmand en France pour découvrir ou redécouvrir l'Aveyron, entre l'Auvergne, le Languedoc et la Méditerranée.
Ce terroir dont le symbole est le célèbre couteau de Laguiole possède une richesse historique et gastronomique prodigieuse. Pays du Roquefort, du Bleu de Causses et terre-mère des viandes d'Aubrac, il renferme également un passé prestigieux. Sa situation géographique le place sur la route des croisades. Ainsi, les Templiers et les Hospitaliers, deux ordres qui ont fait l'histoire de cette période, lui ont légué un immense héritage en installant plusieurs sites d'accueil sur son territoire. Plus tard, les pèlerins traverseront ce même territoire en allant vers Saint-Jacques de Compostelle. 
Le Moyen-âge a également superbement marqué ce département. Ses magnifiques paysages escarpés et sa nature verdoyante abritent depuis des siècles châteaux, forteresses, bastides et autres monuments témoignant de la grandeur des seigneurs de Rouergue, maîtres alors des lieux.
Mais on ne peut parler de l'Aveyron sans citer ses magnifiques villages comptant parmi les plus beaux de France.
Ce patrimoine historique et culturel peut certainement être source d'orgueil surtout quand il est conjugué avec une richesse culinaire variée et savoureuse.
Une situation géographique au carrefour de 3 zones climatiques (continentale-océanique-méditerranéenne) lui permet de nous offrir au fil des saisons une gastronomie riche et variée avec des fromages célèbres dans le monde entier, des viandes recherchées, des vins reconnus et de nombreuses autres gourmandises.
Toutefois, cette fois-ci, je voudrais vous présenter une seule de ces spécialités: la Fouace aveyronnaise ou de Campagnac.
Il s'agit d'une sorte de "brioche" parfumée à l'eau de fleur d'oranger, qui a particulièrement marqué mon enfance.
Une boulangerie parisienne, près de chez moi, en fait sa spécialité aussi loin que je me souvienne. Et jusqu'à maintenant, je ne refuse jamais de m'en offrir une part!
Cette pâtisserie serait née dans l'Aveyron, à Campagnac, il y a plusieurs décennies au sein d'une famille du village qui la servait alors en fin du repas. Visiblement, la recette a fait recette, puisqu'il existe depuis plus de 40 ans à Campagnac une boulangerie familiale qui  fabrique de façon traditionnelle de la Fouace. Et surtout, cette délicieuse spécialité régale aujourd'hui le palais des habitants des régions alentours et ceux des Parisiens chanceux qui ont un vrai boulanger aveyronnais!

Comme j'ai été un peu trop gourmande (ou pas assez souvent chez moi), j'en ai trop pris la dernière fois, elle avait un peu rassis.
Mais comme elle est tellement bonne et que je ne gâche rien dans ma cuisine, j'ai donc décidé d'en faire une "Fouace perdue" et retrouvée sous les parfums des îles...
Nous avons pu continuer à nous en régaler au petit déjeuner.
Bien entendu, on peut utiliser de la brioche mais je n'ai pas résisté à l'envie de vous faire partager ce petit coin de nature et de délices qu'est l'Aveyron!

Fouace aveyronnaise façon pain perdu aux parfums des îles

IMG_6214

Ingrédients

  • 3 tranches de fouace rassis
  • 1 oeuf
  • 1 petit verre de lait
  • 1 c. à café d'essence de vanille (production locale de Martinique pour moi)
  • 1/2 c. à café de cannelle moulue
  • 1 c. à soupe de sucre de canne
  • beurre

Préparation

Préparez vos ingrédients.

IMG_6206

Dans une assiette, battez l'oeuf avec le lait et la vanille.

IMG_6207

Trempez un par un les morceaux de fouace dans ce mélange. Veillez à ce qu'ils soient bien imprégnés.
Faites chauffer un petit morceau de beurre dans une poêle et disposez les morceaux dedans.

IMG_6208 IMG_6209

Ne faites pas cuire à feu trop vif pour ne pas brûler les œufs. Lorsque les morceaux sont dorés retournez les et saupoudrez la partie dorée du sucre mélangé à la cannelle.

IMG_6211

Lorsqu'ils sont cuits de l'autre coté, retournez les encore une fois pour faire caraméliser doucement le sucre pendant 1 minutes (toujours à feu doux).

IMG_6212

Servez chaud saupoudré du reste de sucre-cannelle.

IMG_6215

Un délice mettant en valeur la douceur et le parfum de la fouace relevé d'une petite saveur exotique, que les Aveyronnais me pardonneront j'espère!!
 

05 mai 2008

Olivade du moulin de Fontvieille façon Kikou

Aujourd'hui, j'ai envie de revenir un peu en France... Après nos tribulations à travers l'Inde, l'Iran, l'Afrique, il est bon de visiter ou revisiter les terroirs de ce beau pays.
La France possède une des traditions culinaires les plus riches et les plus variées du monde. Chacune de ses régions est un bijou de richesse gastronomique. Chacune a su profiter des fruits de son terroir qu'elle soit située en montagnes, sur la côte ou dans la plaine...  Il y a autant de cuisine que de régions ou de villages... et je ne vous parle pas des îles...
Le monde entier nous envie notre inimitable foie gras, nos innombrables variétés de fromages, nos domaines viticoles, nos délicieuses pâtisseries et aussi nos chefs mais bien d'autres choses encore! Pour avoir un peu voyagé, je dois avouer que rares sont les pays où l'on mange aussi bien, où l'on rencontre autant de spécialités locales connues ou méconnues.
Par ailleurs, je crois (et c'est un avis personnel) que ce qui qualifie encore plus la France et sa gastronomie, c' est une tradition de raffinement et de curiosité dans l'art culinaire. Rien n'est jamais laisser au hasard. En France, nous ne sommes jamais farouches quand il s'agit de cuisine. Nous aimons tout goûter et tout apprécier.
Sa situation géographique et son histoire lui ont également permis de profiter des richesses venues d'ailleurs et de les faire habilement siennes. Hachis Parmentier, tomates à la provençale, café crème, mousse au chocolat et tant d'autres spécialités sont, en effet, le fruit de l'adoption par nos terroirs d'ingrédients venus de loin...

Toutefois cette fois-ci, je vais vous présenter une toute petite recette, adaptée à ma façon, que j'ai découvert dans la bibliothèque de mon père dans un ancien ouvrage anonyme intitulé "Cuisine de nos terroirs". Toutes les régions y sont représentées avec des spécialités connues mais surtout pour mon plus grand plaisir avec des petits bijoux aujourd'hui oubliés ou négligés.

Il s'agit d'une sorte de tapenade au fromage blanc, originaire de Provence bien sûr. Elle nous vient plus précisément de Fontvieille, petit village du pays d'Arles connu pour ces moulins à vent et célébré par Alphonse DAUDET dans "les lettres de mon moulin".
A servir à l'apéritif avec des bâtonnets de légumes ou sur du pain.

Ingrédients:

  • 1 petit bocal d'olives noires dénoyautées (éventuellement par vos soins)
  • 200 gr de fromage blanc
  • 1 échalote râpée
  • poivre, sel
  • Huile d'olive

Préparation

Dénoyautez les olives si ce n'est pas fait. Hachez les finement au robot. Ajoutez l'échalote et mélangez bien dans un saladier. Poivrez à volonté mais salez peu surtout si vous utilisez des olives à la grecque. Versez un filet d'huile d'olive, mélangez et terminez en ajoutant le fromage blanc. Battez à la fourchette. Vous devez obtenir une crème épaisse marron rosée.
Décorez avec un filet d'huile d'olive (ou plus si vous êtes comme moi ;-))et quelques "hachures" d'échalote.

Olivade



Informations et suggestions

La recette d'origine préconise de rajouter des câpres hachés, ce qui se rapproche de la tapenade, et d'utiliser des oignons à la place de l'échalote, que je trouve plus douce. A votre gré!

Posté par Kikou_2007 à 15:54 - Promenade dans nos terroirs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1